Dossier sur les Applications Mobiles en 2015

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es quotidiens « Le Progres », « l’Est Républicain » et « Le Dauphiné Libéré » du 28 decembre 2014, ont consacré un dossier sur les Applications Mobiles en 2015 avec une interview du Directeur de Synertic, Bruno Doucende.

Applications mobiles : ce qui vous attend en 2015

De la banque aux jeux, en passant par le shopping, elles sont partout. Souvent gratuites, les applications mobiles attirent de plus en plus l’attention des grandes marques.

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«La prise de pouvoir du mobile est d’ores et déjà entérinée, d’où la ruée des marques vers les applications », explique Renaud Menerat, le président de la Mobile Martketing Association France (MMAF), qui regroupe les professionnels du secteur. Quelques chiffres pour mieux s’en rendre compte : les Français possèdent 28 millions de smartphones (soit à peu près un Français sur deux qui est équipé), environ 30 applications utilisées en moyenne, pour un total de 30 heures passées par mois devant ces petits logiciels, si pratiques, que ce soit pour vérifier son compte en banque, payer ses impôts (impots.gouv), justifier ses retards au travail (Fake An Excuse) ou prêter ses toilettes (AirPNP).

Des écrans partout
Nouveauté de 2015, les applications vont sortir des smartphones et des tablettes. En effet, la vague des objets connectés gonfle discrètement : bracelets, montres, lunettes et casques. L’arrivée de l’Apple Watch, la montre connectée d’Apple, devrait marquer le grand essor de ce nouveau marché.
Et chacun de ces écrans contiendra bien sûr… des applications. Connectées au web, mais aussi connectées entre elles.
En ce domaine, le futur s’appelle Apple HomeKit, une application qui permet de contrôler tous les objets connectés de la maison : ouverture des portes, allumage des lampes, réglage du chauffage, programmation de la cafetière…

L’essor du m-commerce
L’e-commerce lui-même est dépassé. Place au m-commerce. Les smartphones vont se muer en terminaux de vente. La SNCF et les compagnies d’aviation ont déjà dématérialisé leurs tickets. Dans les hôtels, le « checking digital » et le key-less (les clés numériques) se développent.
Plus étonnant encore, la multiplication des codes QR, ces codes barre renvoyant vers internet, en magasins. On ouvre son application, on flashe un code et l’on sort du magasin sans passer par la caisse ! La marque Comptoir des Cotonniers est précurseure en ce domaine. Le service Apple Pay devrait bientôt permettre de généraliser le procédé.

Des pushs tout le temps
Pour l’heure, seules les applications de la presse ou celles des réseaux sociaux envoient des notifications à leurs usagers. Bientôt, le « marketing prédictif » va en faire la règle. Exemple : vous possédez l’application d’une marque bien connue de fast-food ? Vous recevrez un message push chaque fois que vous approcherez d’un de leurs restaurants. Et si vous en franchissez la porte, ce sera un push de bienvenue, puis un autre sur les menus disponibles, les promotions…
Mieux, les applications ambitionnent de se muer en « assistants personnels », et anticiper vos besoins. Une expérience étonnante, que Google Now propose déjà. Grâce à l’agrégation des contenus de diverses applications Google, l’application sait ce que contient votre agenda. Dès lors, avant un rendez-vous, elle vous envoie une notification pour vous avertir de partir, calcule votre temps de trajet, anticipe les bouchons, etc. C’est la magie de l’accumulation des données. En 2015, votre smartphone voudra tout savoir sur vous, pour mieux vous guider. Effrayant ? Peut-être. En tout cas, bienvenue dans le futur.

Le monde professionnel n’y échappe pas

Incontournables, les applications se font aussi une place au travail. Là encore, il s’agit de conjuguer des ressources de la mobilité et du digital pour accélérer les flux d’information. C’est ce que l’on appelle les « applications métier ». Pour les commerciaux, les « applications métier » sont utilisées à des fins marketing à destination des futurs clients. Elles servent aussi à améliorer les outils de suivi. Pour les équipes techniques, elles offrent la possibilité de traiter en direct les alertes et urgences sur le réseau, sans repasser par un quelconque QG. Mieux, le groupe Vinci utilise une application qui, grâce à un code QR, donne accès aux techniciens à toutes les informations antérieures sur la pièce qu’ils doivent réparer. Autre ressource appréciable, l’utilisation de photos pour signaler les dommages. Un système utilisé notamment par la SNCF. Enfin, les « applications métier » sont aussi utiles dans l’aide à la décision. Ainsi, demain avec les lunettes connectées, les techniciens auront accès à une notice… en 3D, avec couleurs différentes pour les pièces défectueuses et pictogrammes pour aider à la manœuvre.

Ryad Benaidji – Le Progres / L’Est Républicain / Le Dauphiné Libéré du 28/12/2014

 

 

le-progres-bruno-doucendeQuestions à Bruno Doucende, Consultant, fondateur et DG de Synertic :

« Une révolution dans la révolution du web »

Les applications mobiles vont-elles vraiment changer notre quotidien en 2015 ?
C’est une révolution qui est déjà en marche depuis un moment. Le mobile a bouleversé l’information, l’accès à l’information, la production d’information. Être en permanence connecté change le rapport au réel, mais aussi au web. L’information est contextualisée, filtrée, prescrite. Les applications sont une révolution dans la révolution du web.

Nous serions donc déjà dans l’ère post-ordinateur ?
Cela fait quelques mois déjà que le web mobile a dépassé le web « classique » sur bien des sites, dont nombre de sites de presse. Mais il faut penser selon les terminaux. Les objets connectés vont bientôt arriver en masse : lunettes, casques, montres. Ça va être un nouveau bouleversement. Le web mobile sera beaucoup plus diffus.

Que pensez-vous du rapport de la Cnil sur les abus en termes de confidentialité ?
N’oublions pas que le consentement de l’utilisateur est requis avant que nombre de tâches ne soient effectuées : géolocalisation, envoi de push, etc. Parfois, l’application ne demande le consentement qu’une seule fois, parfois celui-ci est implicite. Mais il faut sensibiliser les utilisateurs : combien lisent vraiment les conditions d’utilisation ? Il faut aussi se poser de bonnes questions : qui a fait cette appli ? En ai-je vraiment besoin ? Je pointe par ailleurs un vrai problème : l’arrivée des objets connectés va décupler la masse d‘informations disponibles sur un utilisateur. Son poids, son rythme cardiaque, ses recherches web, son agenda, ses contacts. On saura à peu près tout sur tout le monde. Un des enjeux sera de savoir qui va contrôler ces informations.

Propos recueillis par R.B

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